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Rallye de Croatie : L’incroyable défi WRC de Romain et Anwaarah Sautron

Ils ont troqué le bitume de La Réunion pour les pièges de l’Europe de l’Est. Du 9 au 12 avril 2026, l’équipage réunionnais a vécu une aventure hors du commun lors du Rallye de Croatie. Mais alors que la saison locale vacille, Romain Sautron prépare déjà le coup d’après : l’Europe.

Du Run au Rallye : Le destin forcé

L’histoire de Romain Sautron avec le sport auto ne commence pas dans les virages serrés de Salazie, mais sur les lignes droites des épreuves de Run. Pourtant, c’est une série d’événements malheureux : l’accident d’un concurrent au Run 400 officiel à Saint-Leu, puis la sortie d’une BMW sur le CFG a mis un gros coup de frein aux courses d’accélération pendant un an à La Réunion. Et c’est cette période d’inactivité qui va le pousser vers sa véritable voie : le rallye. Débutant en VMRS puis en Rally5, il gravit les échelons à une vitesse folle jusqu’à la Rally3. « Les quatre roues motrices, ça n’avait plus rien à voir… » s’amuse-t-il à dire aujourd’hui.

« 90% mécanique vs 50% pilotage »

Pour Romain, la différence est mathématique. Si le Run est une discipline d’ingénieur (90% mécanique), le Rallye rééquilibre les comptes : 50% mécanique et 50% pilotage. C’est ce besoin de s’impliquer davantage derrière le volant qui l’a conduit jusqu’en Croatie pour sa première manche mondiale.

Le choc technique et l’aventure humaine

En Croatie, sous 15°C, Romain a dû apprendre à lire un terrain « sale », dégradé par les passages successifs. Épaulé par son coach Cédric Chane, il a su faire preuve d’une endurance exemplaire, soutenu par une Anwaarah Sautronimpériale dans le baquet de droite. Malgré une sortie de piste à l’ES11, la hargne de l’équipage et de l’équipe Fun Méca Sport leur a permis de terminer l’épreuve et d’engranger 240 km d’expérience inestimable.

Perspectives 2026 : Le dilemme entre le titre péi et l’Europe

L’annulation (ou le report) du Rallye de Petite-Île place aujourd’hui l’équipage à la croisée des chemins. Romain Sautron a été très clair sur sa stratégie : son avenir immédiat dépend de la reprise, ou non, du championnat à La Réunion.

Scénario A : Le championnat local redémarre Si le rallye est reporté en juin, la priorité reste le cœur : « Je voulais surtout rouler ici et peut-être avoir un titre avant d’aller rouler ailleurs. » Dans ce cas, il terminera la saison à La Réunion avec un possible « one-shot » sur terre en métropole, avant de basculer sur un programme européen complet en 2027.

Scénario B : L’incertitude locale persiste Si la saison réunionnaise reste bloquée, Romain n’attendra pas. Le projet WRC pour 2026 étant logistiquement compromis (notamment pour le Japon, trop loin et trop juste pour un envoi par bateau), il se tournera vers le Championnat d’Europe (ERC) dès cet été.

  • Le programme ERC 2026 : 7 rallyes (5 asphalte, 2 terre).
  • Les étapes : L’Italie début juillet (en louant une voiture sur place), puis la Pologne, la République Tchèque et le Royaume-Uni.
  • L’objectif : Apprendre plus vite. « Je pense qu’en roulant là-bas, je vais progresser plus rapidement. Il faut savoir que dans ce contexte de l’ERC, la possibilité de devenir champion grâce à la régularité a été un cas de figure non singulier, et moi, j’ai soif d’apprentissage et de performance. »

Conclusion : « Finisher » un jour, conquérant toujours

Qu’il roule sur les radiers de l’Est ou sur les routes ultra-rapides de République Tchèque, une chose est sûre : Romain Sautron a changé de dimension. Son passage en WRC n’était pas un « one-shot », mais le début d’une carrière tournée vers l’international. La Réunion suit de près son champion, qui semble plus déterminé que jamais à faire briller ses couleurs, quel que soit le continent.